Les communs
Les communs au Brésil : entre utopie et pratiques quotidiennes
Au Brésil, les expériences de gestion collective de ressources – dans les quilombos, les favelas ou les occupations urbaines – montrent qu’il est possible d’imaginer une société sans inégalités, où les biens communs sont gérés collectivement et non sous la seule logique de la propriété privée.
La Constitution brésilienne, tout en reconnaissant le droit de propriété, lui assigne une fonction sociale : la terre, les bâtiments, les espaces urbains et ruraux doivent servir l’intérêt collectif. Ce principe fonde aujourd’hui la plupart des luttes et expériences d’autogestion : un latifundium improductif ou un immeuble abandonné ne répondent pas à l’ordre juridique. Dans les territoires quilombolas, la propriété et la gestion sont, par essence, collectives ; l’État y a vocation de facilitateur, garantissant les droits fondamentaux sans centraliser la gouvernance.
Dans les favelas et « comunidades », où vit une personne sur cinq à Rio de Janeiro, l’absence de services publics a conduit les habitants à développer des formes d’administration populaire, basées sur la solidarité, la coopération et la prise en charge directe des espaces communs. Ces pratiques s’inscrivent souvent aux marges du droit, produisant un pluralisme juridique reconnu par les chercheurs comme une réalité constitutive du vivre-ensemble brésilien.
Ces expériences ne relèvent pas de l’assistanat mais d’un véritable acte politique. Elles incarnent une éducation citoyenne et une autodétermination collective, rappelant que la gestion des biens communs dépasse la technique pour devenir une manière de faire société.
Pour la coopération internationale, elles offrent un laboratoire unique : là où se croisent informalité et légalité, se dessinent de nouvelles voies de gouvernance locale et de démocratie participative, capables de renforcer la cohésion sociale et la durabilité.
Les communs en Ariège
A l'initiative des communes
Espace agri-social
À Lieurac, l’ancien hangar agricole communal de Sourouille, autrefois dédié aux usages ruraux, se transforme en Espace de Vie Sociale grâce à une démarche participative portée par la commune, l’association Lieurac Local et les habitants.
Epicerie citoyenne
À Brie, l’épiceBrie est née d’une initiative communale et citoyenne visant à recréer un service de proximité et un lieu de rencontre. Ce café-épicerie participatif associe la mairie, les habitants et les producteurs dans une gouvernance partagée.
Ferme communale
Depuis l’automne 2024, habitants, élus et professionnels construisent ensemble une ferme communale : un espace nourricier, pédagogique et ouvert, géré collectivement grâce à une gouvernance partagée. Mare, verger, pépinière, chantiers participatifs… le terrain devient un laboratoire vivant de coopération et d’innovation rurale.