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FAIRE PARTICIPER LES HABITANTS

Pailhès 10.09.2026 | Durée : 3 heures

Le 10 septembre 2026, 32 élu·es du PETR Ariège ont travaillé à partir de situations très concrètes : faire vivre un bâtiment communal inutilisé, faire participer davantage d'habitant·es à un projet d'un espace agricole, préparer avec les usager·ères l’avenir d’un service public de l’eau, associer la population à la rénovation du patrimoine communal ou encore mieux entendre les personnes qui participent rarement.

À travers ces cas, l’atelier a permis de dépasser une question souvent posée — « quel outil de participation utiliser ? » — pour revenir à des choix plus fondamentaux : sur quoi veut-on réellement faire participer ? qui doit être associé ? quelle marge de décision est ouverte ? et que fera-t-on des contributions recueillies ?

Des projets déjà là, une participation à faire évoluer

Les situations apportées pendant l’atelier montrent que les communes ne partent pas d’une page blanche : bâtiments communaux, foncier, associations, projets alimentaires, gestion de l’eau, espaces à rénover ou à faire vivre… les ressources existent déjà. Ce que les élu·es souhaitent surtout faire évoluer, c’est la manière d’y associer les habitant·es : choisir des priorités ensemble, toucher des personnes que l’on entend peu, donner une place aux enfants, clarifier les usages d’un lieu ou encore organiser une gouvernance qui tienne dans le temps.

Derrière des sujets très différents, une même question apparaît : comment passer d’un projet porté par la commune à une capacité d’agir davantage partagée ?

Les travaux de groupe montrent qu’une démarche crédible commence par une règle simple : dire clairement ce qui est déjà décidé et ce qui reste réellement ouvert. Sur le devenir d’un bâtiment, l’usage peut encore être discuté ; sur un service public de l'eau, les habitant·es peuvent contribuer aux critères sans prendre la décision finale ; sur un projet déjà existant, la participation peut porter davantage sur sa gestion et son animation.

Autre enseignement commun : inviter ne suffit pas. Les groupes ont régulièrement identifié le risque de retrouver toujours les mêmes personnes. Réunions de quartier, porte-à-porte, marchés, rencontres sur place, petits groupes ou événements conviviaux permettent d’aller vers des habitant·es qui ne franchissent pas spontanément la porte de la mairie.

Enfin, la participation ne s’arrête pas au recueil des idées. Elle suppose de transformer les contributions en choix compréhensibles, préciser qui décide, expliquer les arbitrages et revenir ensuite vers les participant·es. Plusieurs groupes ont également fait apparaître l’importance de répartir les rôles entre élu·es, agent·es, associations et habitant·es pour que la démarche puisse tenir dans le temps.

Partir du sujet réel, pas de l’outil.
Clarifier ce qui est ouvert avant d’inviter à participer.
Aller vers celles et ceux que l’on entend peu.
Adapter le niveau de participation à chaque décision.
Donner une suite visible aux contributions.
Tester, apprendre et ajuster plutôt que chercher d’emblée le dispositif parfait.

L’ambition n’est donc pas de multiplier les démarches participatives, mais de construire progressivement une manière de décider avec les habitant·es qui soit claire, réaliste et adaptée aux moyens de chaque commune.

Imaginer avec les habitant·es le futur d’une ancienne école communale

Dans une petite commune rurale où les lieux pour se retrouver sont peu nombreux, une ancienne école devient l’occasion de construire avec les habitant·es un projet utile, vivant et durable.

Le bâtiment existe, plusieurs idées aussi : bar communal, foyer rural, espace associatif… Mais avant de choisir une solution et d’engager des aménagements, les élu·es souhaitent partir des usages réels. De quoi les habitant·es ont-ils besoin ? Que souhaitent-ils y faire ? Qui pourrait faire vivre le lieu ? Cette expérience montre comment un projet très concret peut devenir le point de départ d’une démarche de participation qui va des usages jusqu’au fonctionnement futur du lieu.

Ouvrir davantage un espace agricole communal aux habitant·es

Quand un projet existe déjà, comment permettre aux habitant·es d’y trouver une place, sans faire reposer son fonctionnement sur quelques bénévoles ?

Dans cette petite commune rurale de 500 habitants, un espace agricole communal est déjà animé avec une association et une commission extra-municipale composée d’élu·es et de membres associatif·ves. Le défi n’est donc pas de créer la participation à partir de rien, mais de l’élargir : mieux informer, ouvrir de nouvelles portes d’entrée, permettre aux habitant·es de contribuer concrètement et clarifier les responsabilités entre commune, association et bénévoles.

Faire participer les usager·ères au choix d’un service de l'eau

Dans une commune disposant de nombreux services publics, d’acteur·rices économiques et agricoles et d’une grande diversité d’usager·ères, le changement de prestataire pour la distribution de l’eau potable devient l’occasion de discuter collectivement des critères qui comptent vraiment.

La décision de changer de prestataire est déjà prise. Mais sur quels critères choisir le suivant ? Prix, entretien du réseau, préservation de la ressource, qualité du service… Le groupe propose d’associer les usager·ères en amont pour faire émerger et hiérarchiser les critères du futur contrat, tout en laissant la décision finale au conseil municipal. Une manière très concrète d’ouvrir aux citoyen·nes la réflexion sur un service public qui concerne tout le monde.

Rénover le bâti communal en partant des usages

Dans une commune rurale organisée autour de plusieurs quartiers, la rénovation du patrimoine communal est actée. Reste une question décisive : quels bâtiments traiter en priorité, pour quels usages, et comment associer les habitant·es avant de figer le projet ?

Le principe de rénover le bâti communal est déjà décidé, une enveloppe budgétaire est envisagée et des demandes de subventions font partie du travail engagé. Mais tout n’est pas arrêté : quel bâtiment prioriser ? quels usages conserver, transformer ou créer ? Le groupe propose de sortir d’une discussion menée uniquement en conseil municipal, en allant à la rencontre des habitant·es dans les quartiers et jusque dans les bâtiments concernés, avant une décision finale des élu·es.

Aller chercher celles et ceux qu’on n’entend jamais

Dans une petite commune rurale, un projet est déjà porté par un petit noyau municipal et bénévole. Le groupe pose une question simple mais exigeante : comment élargir réellement la participation aux habitant·es qui ne viennent jamais spontanément aux réunions ou aux démarches communales ?

Quand une démarche repose déjà sur quelques personnes très engagées, ouvrir la participation ne consiste pas seulement à annoncer une réunion de plus. Le groupe propose de sortir des canaux habituels, d’aller vers les habitant·es et de multiplier les manières de participer. L’enjeu : permettre à celles et ceux que l’on entend peu — ou jamais — de prendre une place réelle dans le projet.

Donner aux habitant·es les moyens d’agir, pas seulement de participer

Comment passer d’habitant·es que l’on consulte à un collectif qui peut réellement agir sur un projet communal de résilience alimentaire ?

Pendant l’atelier, le groupe a choisi d’aller jusqu’au niveau « permettre d’agir » : constituer un collectif mêlant élu·es et habitant·es, lui faire confiance et lui donner une véritable capacité d’initiative. Mais l’autonomie ne se décrète pas. Il faut clarifier ce que le collectif peut décider, les moyens dont il dispose, le rôle que garde la commune et la manière dont chacun pourra apprendre et ajuster le projet en chemin. Une réflexion très concrète sur ce qu’il faut mettre en place pour passer de la participation à la capacité d’agir.

Quatre expériences, quatre questions pour faire participer autrement

Pendant l’atelier, les élu·es ont travaillé à partir de quatre expériences réelles, en France et en Catalogne. Il ne s’agissait pas d’identifier des modèles à reproduire, mais de regarder ce qui s’est réellement passé : ce qui a permis d’avancer, ce qui a bloqué, les choix de gouvernance réalisés et les conditions nécessaires pour que la participation produise des effets dans la durée.

Les quatre cas font apparaître quatre verbes utiles pour l’action locale : clarifier, donner suite, partager les responsabilités, relier.

BRIE — Clarifier avant de partager le pouvoir

Une assemblée villageoise très précisément conçue peut-elle fonctionner si l’équipe municipale n’est pas encore suffisamment d’accord sur le pouvoir qu’elle souhaite réellement partager ?

Dans cette commune rurale d’environ 220 habitant·es, la maire souhaite expérimenter une assemblée villageoise associant élu·es et habitant·es à la décision. Le projet est ambitieux : une vingtaine de participant·es mêlant élu·es volontaires, habitant·es volontaires et personnes tirées au sort, avec la possibilité de choisir les sujets travaillés et de chercher une forme de co-décision.

Une première journée de travail permet de construire précisément le dispositif, avec quatre élues dont la maire et des accompagnateur·rices. Mais avant son lancement public, le projet doit revenir devant le conseil municipal. Sept élu·es s’y opposent, quatre le soutiennent. L’assemblée ne sera finalement pas expérimentée avec les habitant·es.

Ce qui a marqué le groupe

Les participant·es à l’atelier ont notamment retenu le courage de la maire et des élu·es engagé·es dans l’expérimentation, mais aussi le décalage entre l’ambition du dispositif et le niveau d’adhésion du conseil municipal. Leur principal point de vigilance porte sur la cohésion de l’équipe municipale avant de proposer un partage du pouvoir aux habitant·es.

Le cas montre surtout qu’un outil participatif, aussi bien conçu soit-il, ne peut pas compenser l’absence d’un accord politique suffisamment solide sur ce que signifie réellement « partager la décision ». Les résistances observées concernaient notamment le rythme du changement, la crainte de perdre du pouvoir et le sentiment que le rôle des élu·es pouvait être remis en cause.

Conclusion — Le premier espace de participation est parfois le conseil municipal

Avant de demander aux habitant·es de partager une décision, une équipe municipale doit pouvoir répondre collectivement à trois questions :

Quel pouvoir voulons-nous réellement ouvrir ?
Sommes-nous d’accord pour accepter les conséquences des choix produits ?
Quel rôle restera celui des élu·es ?

À retenir : la participation ne commence pas par l’outil. Elle commence par un accord suffisamment clair entre celles et ceux qui disposent aujourd’hui du pouvoir de décision.

SAINT-QUENTIN-LA-TOUR — Faire participer… puis donner une suite

Un forum citoyen peut faire émerger beaucoup d’idées. Le véritable défi commence le lendemain : comment transformer ces idées en groupes, projets et responsabilités qui tiennent dans le temps ?

Dans cette commune d’environ 320 habitant·es, un premier forum organisé en 2014 avait déjà contribué à faire naître un café associatif et un jardin partagé. En 2026, une équipe municipale largement renouvelée prépare un nouveau forum, mais souhaite éviter qu’il ne soit seulement une grande réunion ponctuelle.

Les élu·es commencent donc par clarifier ensemble ce qui relève de l’information, de la consultation, de la construction collective ou de la décision. Une question commune est retenue : « Que pourrait-on faire pour renforcer les liens entre les habitants et faire vivre le village ? »

Le forum est pensé comme un chemin : faire émerger des propositions, les travailler en petits groupes, repérer celles qui répondent à un intérêt collectif et surtout identifier des personnes prêtes à les porter. Les idées retenues pourraient ensuite devenir des groupes autonomes reliés à la commune par un·e référent·e, des moyens et un suivi.

Ce qui a marqué le groupe

Les participant·es ont retenu l’importance de la volonté politique, de la continuité et de l’investissement nécessaire après le forum. Ils et elles soulignent également que la taille réduite de la commune rend possible une relation directe, mais ne résout pas automatiquement la question de la gouvernance ou du suivi.

Le principal point de vigilance identifié porte précisément sur l’après : faire émerger des idées est relativement facile ; disposer d’une personne référente, d’un calendrier, de moyens et d’un lien clair avec la mairie est beaucoup plus déterminant.

Conclusion — Mesurer un forum à ce qu’il produit six mois plus tard

Un événement participatif ne devrait pas seulement être évalué par le nombre de personnes présentes ou le nombre d’idées recueillies.

Il peut être plus utile de regarder :

Quels groupes existent encore ?
Qui porte les propositions ?
Quels moyens leur ont été donnés ?
Quel retour a été fait aux habitant·es ?

À retenir : une participation réussie ne produit pas seulement des idées. Elle crée des personnes capables de les porter, des liens avec la commune et des rendez-vous permettant de continuer.

PAILHÈS — Partager progressivement les responsabilités

Comment passer d’un projet lancé par la commune à un projet que des habitant·es peuvent réellement contribuer à concevoir, faire vivre et gouverner ?

Depuis l’automne 2024, un groupe réunissant habitant·es, élu·es, professionnel·les et bénévoles travaille à la création d’un espace agricole sur une parcelle communale. D’abord envisagé comme un verger, le projet s’est progressivement élargi pour devenir à la fois un espace nourricier, pédagogique, écologique et social.

Une commission extra-municipale se réunit régulièrement. Des groupes de travail peuvent faire avancer certains sujets entre les réunions. Les décisions ayant peu de conséquences peuvent être prises directement par ces groupes ; celles qui engagent davantage le projet reviennent à la commission, avec des règles annoncées à l’avance et une recherche de décision « à zéro objection ».

L’expérience montre également une évolution importante : les premiers mois ont largement porté sur les intentions, les règles, la place des élu·es et l’autonomie du groupe. La participation s’est élargie lorsque le projet est devenu tangible : dessin des espaces, pépinière, plantations, mare, puits, chantiers et événements ouverts.

Ce qui a marqué le groupe

Lors de la restitution, les participant·es ont particulièrement souligné le temps nécessaire pour construire le projet et le fait que le passage au concret mobilise davantage de personnes. Ils et elles ont aussi identifié la question du passage progressif d’un projet communal vers un projet davantage porté par un collectif ou une structure associative, ainsi que la nécessité de clarifier les niveaux de décision entre commune, citoyen·nes et association.

Ils et elles retiennent également l’intérêt de formes de parrainage, de transmission et de délégation progressive, afin que le projet ne dépende pas en permanence des mêmes personnes ou de la mairie seule.

Conclusion — Partager le pouvoir, c’est aussi partager les responsabilités

L’expérience montre qu’il n’est pas nécessaire de décider dès le premier jour d’une gouvernance définitive.

La répartition peut évoluer avec le projet :

la commune rend le projet possible → un groupe contribue à le concevoir → des habitant·es prennent des responsabilités → certaines décisions deviennent autonomes → les règles sont révisées au fur et à mesure.

Cette logique rejoint l’idée d’autonomie coordonnée : plusieurs personnes ou groupes peuvent agir sans attendre systématiquement une décision centrale, tout en restant reliés autour d’un objectif et de règles communes.

À retenir : le partage du pouvoir devient plus concret lorsque l’on sait précisément qui peut faire quoi, qui peut décider quoi et de quoi chacun·e devient responsable.

VIEUX QUARTIER D’OLOT — Relier plutôt que tout centraliser

Comment renforcer un territoire déjà riche d’initiatives sans créer une nouvelle structure chargée de tout coordonner ?

Dans le vieux quartier d’Olot, en Catalogne, de nombreuses initiatives coexistent : projets alimentaires, lieux culturels, écoles, artisans, structures sociales, restaurants, coopératives, espaces de soin ou projets portés par les habitant·es. Des lieux comme Núria Social jouent déjà un rôle important de mise en relation.

L’enjeu n’est donc pas de créer encore une organisation supplémentaire, mais de permettre à ces initiatives d’entrer davantage en relation entre elles : partager de l’information, des ressources, des compétences et des occasions d’agir ensemble.

Des expériences comme les Jardins de la Muralla ou Karma Fest combinent ainsi diagnostic partagé, recherche, espaces de formation et activités communautaires, et relient habitant·es, producteurs et productrices, jeunes, écoles, coopératives et administrations.

Ce qui a marqué le groupe

Les participant·es ont retenu une idée très simple : « nous sommes tous en interdépendance ».

Ils et elles soulignent aussi deux points de vigilance.

D’abord, partir de ce qui existe réellement sur le territoire, plutôt que d’importer une organisation ou un modèle extérieur.

Ensuite, ne pas chercher à relier uniquement des acteur·rices qui pensent de la même manière. Le lien doit être construit autour de besoins et d’objectifs communs, pas seulement autour d’une proximité idéologique.

Conclusion — Un territoire vivant n’a pas forcément besoin d’un centre

L’expérience d’Olot invite à déplacer la question.

Plutôt que : « Quelle structure va coordonner tout le monde ? » demander : « Quels liens manquent aujourd’hui entre les personnes, les lieux et les projets déjà présents ? »

Cela peut conduire à organiser de petites connexions très concrètes : partager un lieu, une ressource, une information, une compétence, un événement ou un projet commun.

À retenir : faire réseau ne consiste pas seulement à réunir régulièrement les mêmes structures. Il s’agit de créer des relations utiles et durables entre des initiatives différentes, jusqu’à ce que la capacité d’agir ne dépende plus d’un seul centre.

Les quatre expériences suivent des trajectoires très différentes, mais elles convergent sur un enseignement : la participation est moins une succession d’outils qu’une organisation progressive des relations, des responsabilités et du pouvoir.

Ces quatre cas amènent finalement quatre questions très simples à poser avant toute démarche :

Sommes-nous au clair sur ce que nous ouvrons ?
Savons-nous ce qui se passera après la participation ?
Qui pourra réellement prendre des responsabilités ?
Quels liens pouvons-nous renforcer plutôt que créer une structure supplémentaire ?

Quelques outils à emporter

Les supports de la formation

Des canevas simples pour aider les élu·es à passer d’un sujet communal concret à une démarche claire : qui associer, jusqu’où ouvrir la décision, comment recueillir les contributions et comment organiser la suite

Ces supports ont été conçus pour l’atelier « Faire participer les habitant·es – Construire un chemin de la participation sur toute la durée du mandat ». Ils peuvent être réutilisés en conseil municipal, en groupe de travail ou lors d’un temps de préparation avec des agent·es et partenaires.

L’idée n’est pas de commencer par choisir un outil — réunion publique, questionnaire, atelier… — mais de se poser d’abord les bonnes questions : quel est le sujet précis ? qu’est-ce qui est déjà décidé ? qui est concerné et qui risque de manquer ? jusqu’où voulons-nous réellement ouvrir la participation ? qui décidera à la fin ? que deviendront les contributions ?

Animer une réunion publique sans perdre le fil

Une fiche pratique pour préparer un temps collectif clair, faire émerger les points de vue, organiser le débat et arriver à une décision ou à une suite compréhensible.

Une réunion publique réussie ne repose pas sur un outil miracle. Cette fiche d’Actions Communes propose des repères très concrets pour accueillir les participant·es, poser un cadre relationnel, faire circuler la parole et structurer les échanges. Elle distingue notamment deux temps clés : l’émergence, où l’on ouvre largement les points de vue, puis la convergence, où l’on resserre les options pour arriver à une proposition ou une décision collective.

La fiche rappelle surtout un principe essentiel : l’outil vient après l’intention. Avant de choisir un débat mouvant, des petits groupes ou un vote, il faut savoir ce que l’on cherche réellement à produire pendant la réunion.

Aller chercher les personnes qu’on ne voit jamais en réunion

Une fiche pratique pour élargir la participation au-delà des personnes déjà mobilisées et créer plusieurs façons simples de rejoindre un collectif.

Informer largement ne suffit pas toujours à renouveler les participant·es. Cette fiche propose des méthodes très concrètes pour aller vers les personnes là où elles sont : mobiliser des groupes déjà constitués, organiser des rencontres de proximité, faire du porte-à-porte ou échanger dans les lieux passants. Elle rappelle aussi qu’une fois le contact établi, il faut rendre l’entrée dans le collectif facile : proposer des missions claires, permettre différents niveaux d’engagement et expliquer simplement comment participer.

Un support particulièrement utile pour se poser trois questions avant de lancer une mobilisation :

Qui ne voyons-nous jamais dans nos réunions ?
Où pouvons-nous rencontrer ces personnes ?
Que pouvons-nous leur proposer de suffisamment clair et concret pour leur donner envie de contribuer ?

La fiche insiste également sur un point souvent oublié : mobiliser ne consiste pas seulement à faire venir des personnes à une première rencontre. Il faut ensuite leur donner les informations, les contacts et les repères nécessaires pour qu’elles puissent réellement trouver leur place dans la dynamique.

Prendre le pouvoir pour le partager

Un retour d’expérience de Fréquence Commune sur six années d’expérimentations dans des communes participatives : gouvernance partagée, implication des habitant·es, organisation du travail municipal et partage des responsabilités.

Comment partager davantage le pouvoir local sans réduire la participation à une succession de réunions ou de consultations ? À partir d’expériences menées entre 2020 et 2026, Fréquence Commune analyse ce que des communes participatives ont réellement essayé : nouvelles formes de gouvernance entre élu·es, ouverture des décisions aux habitant·es, facilitation des réunions, tirage au sort et porte-à-porte, coopération avec les agent·es, ou encore gestion collective de ressources et de projets locaux.

Le document ne propose pas une recette unique. Il met en regard les pratiques expérimentées, leurs conditions de réussite, leurs limites et les difficultés rencontrées : temps disponible, répartition des responsabilités, diversité des personnes qui participent, contraintes administratives ou encore maintien de la dynamique dans la durée.

Une ressource particulièrement utile pour prolonger l’atelier autour de quelques questions très concrètes :

Comment partager les responsabilités au sein d’une équipe municipale ?
Comment donner une place réelle aux habitant·es dans les décisions ?
Comment aller chercher celles et ceux qui participent peu ?
Comment faire travailler ensemble élu·es, agent·es et habitant·es ?
Comment faire vivre ces pratiques au-delà d’un projet ou d’un événement ponctuel ?

Balade-découverte de la ferme communale et citoyenne de Pailhès & projection-débat  autour du film "Cultiver la pluie"

    Lors de la découverte de la ferme communale et citoyenne de Pailhès, près de 120 élu·es, habitant·es et curieux·ses sont venus découvrir cette expérience portée avec l’association Terre en partage. Une ferme qui pose très concrètement des questions d’autonomie alimentaire, de préservation de l’environnement, de résilience face au changement climatique, mais aussi d’entraide, de participation des habitants et de transmission des savoirs.

      La soirée s’est poursuivie derrière l’église autour d’un repas partagé végétarien préparé par la micro-entreprise “Les Filles d’à côté”, installée aux Bordes-sur-Arize, puis de la projection en plein air de Cultiver la pluie, en présence de son réalisateur Marc Khanne.

      Le documentaire nous a emmenés à la rencontre d’agriculteurs, de chercheurs et d’acteurs qui expérimentent déjà d’autres manières de prendre soin de l’eau : agroforesterie, maraîchage sur sol vivant, hydrologie régénérative, ville-éponge… avec une question derrière ces expériences : comment ralentir, retenir et mieux répartir l’eau dans nos territoires ?

      Mais la soirée ne parlait pas seulement d’eau. Elle a permis d’échanger plus largement sur notre capacité à transformer nos territoires face au changement climatique : comment décider ensemble ? Quelle place donner aux habitants ? Comment partir des ressources et initiatives déjà présentes dans nos villages ? Comment passer de la prise de conscience à des projets concrets ? Une très belle soirée !

      De l’atelier au terrain : nos expériences comme laboratoire commun

        Le 21 septembre, les animateurs et facilitateurs de l’Agorative se sont retrouvés pour revenir ensemble sur cette première expérience. Pas seulement pour dire ce qui avait marché ou moins bien marché, mais pour nous demander : qu’est-ce que cette journée nous apprend et comment poursuivre ? Les retours sont encourageants. La formation apporte des repères, permet de découvrir différentes manières de faire participer les habitants et propose une animation jugée vivante, accessible, adaptable et parfois « bousculante ».

        Mais il y'a aussi une envie d’aller plus loin : partir davantage de ce que les communes font déjà et de leurs difficultés réelles. Où en est le conseil municipal ? Qu’est-ce qui bloque ? Sur quel projet aimerait-il associer davantage les habitants ? Comment passer de l’envie de participer à une manière concrète de le faire ? Le groupe propose ainsi de mieux connaître les attentes des élu·es en amont, d’alléger certains contenus pour donner davantage de place aux échanges et aux exercices, de favoriser les retours d’expérience entre conseils municipaux, et de proposer des supports simples qui permettent de repartir avec quelque chose à essayer.

        Une autre idée ressort fortement : une journée de formation ne suffit pas. Il faut du temps pour essayer, rencontrer des difficultés, ajuster et revenir partager ce que l’on a appris.

        C’est là que commence le laboratoire de l’Agorative

        Au-delà de la formation, nous voulons faire de l’Agorative un laboratoire commun d’idées et d’expérimentations, nourri par les situations réelles rencontrées dans nos villages. Tous les deux mois, le samedi matin de 10h à 13h30, de petits groupes se retrouvent pour chercher ensemble. Certaines rencontres pourront avoir lieu directement dans une commune volontaire, autour d’un projet concret.

        Un bâtiment ou un espace à réhabiliter ? On peut organiser une balade collective et prospective pour regarder le lieu ensemble et imaginer ses usages. Besoin de mieux comprendre ce que vivent ou souhaitent les habitants ? On peut mener une enquête de terrain et aller à leur rencontre. Une équipe municipale bute sur une difficulté ? Une table de codéveloppement peut permettre de la travailler avec d’autres. Un projet doit être mis en discussion ? On peut expérimenter une réunion publique ou inventer un format adapté à la situation. Il ne s’agit pas de trouver la bonne méthode à appliquer partout. Il s’agit de tester, observer ce que cela produit, comprendre ce qui fonctionne ou non et partager ce que nous apprenons. L’expérience d’une commune peut alors devenir une ressource pour les autres, à condition de l’adapter à chaque contexte.

        Nous souhaitons également organiser une fois par trimestre une rencontre élargie : conférence, colloque, soirée-débat, atelier de formation… Ces rendez-vous permettront de faire venir des intervenants extérieurs, de découvrir d’autres expériences et surtout de prendre de la distance par rapport à nos propres pratiques : confronter ce que nous faisons à d’autres regards, questionner nos habitudes et revenir sur le terrain avec de nouvelles pistes.